Ensemble Scolaire Saint Joseph - St Julien Chapteuil

PRESSE ET MUSIQUE AVEC LES 4èmes


Rédigé le Vendredi 9 Mars 2018 à 09:31 | Lu 158 fois

Actuellement en tournée dans toute la France, la chanteuse Lisa Portelli a fait une escale à Saint Julien Chapteuil pour un concert unique ce samedi 10 mars à l’espace scénique. En amont de cette soirée, l’artiste a accordé une interview exclusive aux élèves de 4ème en présence de la presse et de la radio.


Une voix plane au-dessus du rock
Lisa Portelli est née en Seine et Marne en 1987. Une guitare pour ses dix ans, un premier prix au conservatoire puis le succès au printemps de Bourges à 19 ans : tel est le parcours de l’artiste dont la voix pure et cristalline transforme en ballade les mélodies les plus rock de son dernier album. « La Nébuleuse » est sortie en septembre 2017, six ans après « le Régal » : un silence nécessaire qui a permis à Lisa Portelli de se retrouver et de proposer à son public de nouvelles mélodies, de nouveaux textes, parfois mélancoliques et toujours très personnels.
 
Un journaliste au milieu des élèves :
Pour préparer l’interview avec l’artiste, l’association Agora de Saint Julien Chapteuil nous a proposé de rencontrer Nicola Defay, journaliste à la Tribune afin de préparer le « show case » ;  une belle manière de découvrir la presse au programme de français en  4ème. Nicolas Defay nous a parlé avec passion de son métier de pigiste, des qualités requises pour être journaliste. Il a également évoqué son parcours personnel qui l’a amené à reprendre ses études après plusieurs années passées au volant des transports en commun ponots.
 
Les apprentis journalistes :
Impossible de regarder aujourd’hui la « une » d’un quotidien sans repérer son organisation ! Nous avons appris à décrypter la PQN (presse quotidienne nationale) : manchette, tribune, ventre et oreille n’ont plus de secret et nous avons découvert que l’objectivité n’empêche pas de suivre une ligne éditoriale, de choisir un angle particulier !
Nous avons également mené une enquête en réalisant un micro-trottoir. Notre sondage a permis de mesurer l’importance de la musique dans la vie des personnes interrogées (résultats à paraître prochainement).
 Enfin la retranscription de l’interview de Lisa Portelli (en intégralité en bas de page), la composition d’articles et de « brèves » nous ont permis de pratiquer l’écriture journalistique qui exige précision, simplicité et efficacité…  
« La curiosité intellectuelle, la spontanéité et le fait de savoir s'adapter à tous les sujets sont, pour moi, les compétences les plus importantes pour être journaliste » Nicolas Defay




 


Lisa PORTELLI : l’interview exclusive des 4èmes ce jeudi 8 Mars

Interview hors norme pour la chanteuse Lisa portelli

Au total, pas moins de 120 élèves des collèges Jules Romain et Saint-Joseph à Saint-Julien-Chapteuil ont étudié les créations de Lisa Portelli durant plusieurs semaines. La récompense : avec l'aide d'un journaliste, la moitié d'entre eux ont pu directement l'interviewer deux jours avant son concert avec Wazou dans le cadre du festival "De l'Art dans la soupe". Voici un extrait du fruit de leur travail.
 
Pouvez-vous nous expliquez comment vous avez débuté dans la musique ?
J’ai commencé la guitare à 8 ans. À douze ans, je chantais avec ma sœur. J’ai passé un bac musique et suivi des cours au conservatoire. Dès 17 ans, je jouais dans des bars. Puis il y a eu le printemps de Bourges, ma première grande scène où je me suis produite devant 800 personnes à 19 ans. Je suis passé du statut d'amateur à celui de professionnel à la sortie de mon premier album "Le Régal" en 2011.
Pourquoi la guitare ? 
Mes parents n’avaient pas trop d’argent et m’ont acheté une guitare. J’ai vraiment pris goût à la guitare électrique qui m’a permis d’expérimenter des choses, de chercher des sons différents.
Quelle était votre idole quand vous étiez enfant ? 
Je n’avais pas vraiment d’idole mais j’aimais bien Keren Ann. J’aimais bien ce qu’elle faisait, ce n’était peut-être pas très connu mais très personnel. J’ai eu la chance d’enregistrer mon premier album avec son réalisateur.
Comment procédez-vous pour l’écriture ? Ecrivez-vous d’abord le texte ou la partie instrumentale ? 
Il n’y a pas de règle. Certaines paroles ont été écrites par Andoni Uttorioz comme "La nébuleuse". Ses textes sont beaux, c’est presque de la poésie. Je préfère chercher une mélodie et ensuite intégrer le texte. C’est la mélodie qui m’intéresse et j’essaie de ne pas être prisonnière des paroles.
Combien vous prend de temps l’écriture d’un texte ?
Ça dépend. J’ai mis deux mois sur un texte il y a peu de temps mais en général ça va vite. J’écris en un ou deux jours,. Si ça prend deux mois, c’est du fait des arrangements.
Quels sont les groupes de musique ou artistes que vous aimez particulièrement et qui vous inspirent ?
Je suis très fan de PJ Harvey. Elle a  un concept qui lui est particulier : ce n’est pas juste un enchaînement de chansons mais elle crée un monde, un personnage à chaque album avec des sons uniques. En France, les artistes ont tendance à faire toujours la même chose. J’ai quand-même beaucoup aimé le dernier album de Christophe. En fait, je découvre régulièrement des artistes différents comme « war paint », un groupe  américain.
Quel est l’album dont vous êtes la plus fière ?
Le prochain ! (rire) Même si j’aime bien la Nébuleuse et le Régal qui sont très différents ! Je suis fière d’avoir fait La nébuleuse mais je me dis que le prochain sera encore mieux.
Est-ce que vos textes dans votre dernier album reflètent votre vie, votre vécu ?
La nébuleuse, ce n'est pas moi. L'album retrace un personnage que l’on connait tous et qui se rêve autre. Il n’est jamais satisfait de rien, la réalité ne lui convient pas. Souvent les artistes se rêvent différemment et ont tendance à ne pas vivre leur propre vie.
Pourquoi ce titre  la nébuleuse ?
Parce que l’album est éthéré, ça plane beaucoup, c’est aérien… le titre correspond à ce que l’album propose musicalement.
Entre le premier album "Le régal" et le deuxième "La Nébuleuse", il s'est écoulé 6 années. Pourquoi tant de temps entre ces deux créations ?
Après avoir tourné 3 ans avec le régal, j’ai eu besoin de repos. J’ai dû recomposer toute mon équipe. J’avais plein de choses à reconstruire de l’ordre du professionnel et du personnel. Un troisième album va sortir en automne. Il est déjà bien avancé, j’ai tous les titres mais je suis superstitieuse : si j’en parle,  j’ai peur que ça ne se fasse pas (rire). Ce que je peux affirmer c’est que la pochette sera très lumineuse, colorée, sans noir. Les chansons seront plus ouvertes sur le monde. La musique sera également plus pop et plus aigüe.
D'après plusieurs articles de journaux, vous vous êtes retirée dans un couvent pendant 100 jours. Quelle en était la raison ?
Ce n'était pas une quête religieuse mais spirituelle : j’avais besoin d’un silence total et les religieuses ont fait vœu de silence. On ne bavarde pas, on ne dit que l’essentiel… C’est une expérience que je voulais vivre comme un voyage. On est dans un monde très bruyant qui nous empêche de nous connaître profondément. Il faut faire le vide autour de soi pour savoir qui on est vraiment.
Y-a-t-il un lien entre certains titres de "La Nébuleuse" et votre expérience spirituelle au couvent ?
Oui, il y a probablement des liens. Je pense que la musique n’est pas quelque chose qu’on contrôle. Par exemple, l’introduction de la chanson « tout cela », qui n’est pas une musique facile, m’aide à rentrer dans le morceau parce qu’elle installe un silence.
La Nébuleuse est composée de titres plutôt empreints de tristesse et de mélancolie. Pourquoi avoir choisi des thèmes comme l’avortement ?
Cette chanson était nécessaire pour moi. C’est une expérience que j’ai vécue comme beaucoup de femmes. C’était important pour moi de faire une lettre à l’enfant que l’on ne garde pas. Au-delà même de la musique, c’était symboliquement important, pour dire que je l’ai fait, pourquoi je l’ai fait sans vouloir banaliser cela bien évidemment. La Nébuleuse est un album très mélancolique parce qu’il est venu dans une période spéciale de ma vie. Mais je vais vers des choses beaucoup plus joyeuses et lumineuses.
Est-ce difficile de revenir sur scène, de s’exposer à nouveau après cette retraite spirituelle ?
Ce qui était dur, c'était de revenir dans le monde. On est obligé de remettre des protections. Cette expérience-là m’a permis de trouver une ligne, elle m’a donné des forces. Sur scène, il ne faut pas être un personnage sociale mais soi-même. C’est ce que je cherche en donnant le maximum.
Y-a-t-il un lien entre La nébuleuse et votre expérience spirituelle ?
Pas forcément car il y a des chansons qui parlent de sexe, de relations amoureuses Je n’ai pas voulu faire un album pour convaincre les personnes de faire une retraire.  C’est vraiment une démarche personnelle.
Vos textes évoquent souvent le sentiment amoureux qui n’est pas épargné par « les ombres », « les douleurs » ou encore l’usure du temps. Dans la chanson « longtemps » vous écrivez « oublie… que ça fait longtemps que je vais voir ailleurs dans tes yeux ». Pouvez- vous nous éclairer sur le sens de ce vers qui nous a particulièrement interpellés ?
 
Cette chanson parle de la sexualité dans un couple qui vit ensemble depuis très longtemps. Mais quand on est ensemble depuis longtemps, les choses ne sont pas comme au début, elles sont moins intenses. « Oublie moi » signifie « oublie que tu me connais ».  Souvent on pense que « je vais voir ailleurs » signifie aller vers d’autres alors que c’est « dans tes yeux ». Il y a une ambiguïté mais au fond il s’agit de retrouver du piment dans la relation.
Avez-vous un titre que vous préférez au-dessus des autres ?
J’aime beaucoup jouer « de noir et d’or » mais il y a beaucoup de titres que j'apprécie. Je préfère jouer avec mon groupe que seule.
Avec quel artiste aimeriez-vous partager la scène le temps d'un concert ?
J’aimerais rencontrer des artistes que j’admire comme Christophe… ou encore Rodolphe Burger par exemple.
Quel a été votre plus grand concert ?
J’ai joué devant 3000 personnes sur le parvis de l’hôtel de ville à Paris. Quant à mon concert le plus intense, c’est à la maroquinerie devant 200 personnes. Ce concert a été comme une revanche, une réconciliation après un précédent passage dont je n’avais pas gardé un bon souvenir. Je n’étais pas bien, il fallait que j’arrête. Aujourd’hui je me prépare à l’avance pour éviter le trac, je fais du yoga, j’ai une hygiène de vie qui me permet d’aborder la scène autrement et bien mieux.
Que ressentez-vous sur scène ?
Ça me fait du bien ! Il y a des moments où je ressens un véritable lâcher-prise. Ça me redonne de l’énergie, je me sens légère même après avoir tout donné.
Est-ce que vous préféreriez faire un concert dans un lieu immense comme le stade de France ou plus symbolique comme le Bataclan ? Et pourquoi ?
J’aime les petites salles, les clubs un peu rock avec 500 personnes. Avec les grosses scènes, les gens sont loin. J’aime leur parler de choses personnelles tout en étant légère dans la manière de le faire, en étant moi-même sans peur.
Nous sommes fiers qu'une artiste telle que vous vienne se produire dans notre petite commune. Comment avez-vous connu ce lieu ? Connaissez-vous des personnes de la Haute-Loire ?
 
Moi aussi je suis contente de pouvoir parler de mon travail. Je suis ici grâce à Yvan Marc. J’ai fait un duo avec lui en 2013. Je reviens ici parce que j’aime ce qu’il fait. (NDLR : Lisa Portelli chante sur l'album d'Yvan Marc "La Cerise", sorti en 2013)
Y a-t-il des villes dans le monde dans lesquelles vous aimeriez vous produire ?
Oui. Je vais jouer à Barcelone le mois prochain et j’ai ce désir d’aller où l’on me demande de venir.
Pour préparer votre venue, nous avons réalisé un sondage auprès des élèves et un micro-trottoir dans les rues de Saint Julien. Nous avons constaté que la majorité des personnes disent écouter la musique sur leur (téléphone) portable, à la radio mais très peu achètent des albums ou se rendent au concert.
Pensez-vous qu’il soit possible aujourd’hui de vivre de la musique ?
 
Aujourd’hui on ne vend plus d’albums, même si la qualité du travail n’est pas remise en question. Il est certain que les CD ne permettent pas de vivre. Il faut trouver d’autres activités car on n’empêchera pas le téléchargement, ce qui ne serait d’ailleurs pas forcément souhaitable. Alors, en plus de mes albums, mes concerts, je propose des stages de création de chanson notamment à des enfants. J’ai la chance d’avoir le statut d’intermittent du spectacle qui me laisse du temps et j’ai créé ma propre société.
Avez-vous déjà douté dans vos choix artistiques au point de vous détourner complètement de la musique ?
Ce qui me fait douter, ce n’est pas ma musique car j’ai toujours envie d'en faire. Si j’ai eu parfois le désir d’arrêter, c’était à cause de la difficulté à mettre en place les choses. Mais je ne doute jamais longtemps. La musique sera toujours là. Peut-être la ferai-je différemment mais elle sera toujours-là !
 


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SONDAGE : TOUT SUR LA MUSIQUE !

Pas moins de 285 questionnaires recueillis par les élèves de 4ème auprès de leurs camarades, dans leur entourage et dans les rues de Saint Julien.

 

Les temps changent mais la musique demeure.

Il n'est plus possible d'en douter : le téléphone a remplacé les platines et autres supports pour écouter la musique. Suivi de près par la radio et la télévision, il est probablement responsable de la chute libre des ventes d'albums. Au cours de son interview, Lisa Portelli a confirmé qu'un artiste ne peut plus vivre aujourd'hui de la vente de disques. Il faut trouver d'autres activités autour de la musique d'autant plus que selon notre sondage, peu de personnes se rendent au concert : les plus âgés restent attachés aux spectacles vivants mais pour les plus jeunes, le partage de la musique se fait par youtube et grâce aux applications qui permettent le téléchargement.

 

Quant à la pratique de la musique, elle reste marginale... et c'est bien dommage. Les résultats du sondage montrent que les plus jeunes apprennent à jouer de la guitare, du piano... Entre 20 et 50 ans, c'est la traversée du désert en terme de pratique instrumentale ! Ce n'est que plus tard, à la retraite, que certains retrouvent le temps et le plaisir de jouer de la musique.

 

Pourtant la musique est essentielle, chacun lui fait une place dans sa vie.

la musique fait partie de la vie des gens quelque soit leur âge : beaucoup disent l'écouter souvent mais chez les plus jeunes, « souvent » signifie plusieurs fois par jour alors qu'en vieillissant la fréquence diminue et peut se situer en dessous d'une fois par semaine !

 

Enfin, le Rap a conquis les plus jeunes qui aiment son tempo, ses paroles mêmes s'ils les jugent parfois violentes et sexistes. Au fur et à mesure que l'on avance dans la vie, on s'intéresse tour à tour à la Pop, au rock et enfin à la musique classique.

 

Les quelques notes de Lisa Portelli partagées avec les passants ne les ont pas laissés indifférents. L'univers musical de la chanteuse interpelle tout comme sa voix. De là à se rendre au concert, c'est nettement moins sûr ! Après tout, il reste le portable pour découvrir ses titres. Elle le sait et elle considère que c'est une évolution contre laquelle on ne peut pas lutter et qu'au fond ce n'est pas forcément si grave.